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TrueStory : « A 11 ans, je ne savais toujours pas lire, et maintenant… »
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Pour cette série d’articles, j’invite des personnes qui ont su triompher sur les difficultés de la vie, pour réussir, s’en sortir, accomplir leurs rêves. Des personnes ordinaires qui, malgré les difficultés ont décidé de persévérer et de s’accrocher. Lycéens, étudiants, adultes, parents, profs… que ces histoires vraies puissent vous encourager à vous battre.

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Je m’appelle Lélio, j’ai 32 ans, je suis marié et j’ai une fille de 8 ans. Je suis originaire de l’île Maurice. Je suis responsable logistique. Je suis un passionné de musique, de littérature et de cuisine asiatique.

J’ai eu une scolarité catastrophique. Jusqu’à l’âge de 11 ans, je ne savait toujours pas lire. L’école, ainsi que tout ce qui touchait à la scolarité, était devenue une terre d’humiliation. Mes parents étaient eux-mêmes désorientés face à mon cas, car j’ai deux grandes sœurs qui, elles, réussissaient extraordinairement bien à l’école. D’ailleurs, mes parents utilisaient souvent mes sœurs comme comparaison afin de me stimuler, mais plus le temps passait, plus je sombrais.

Autant que je me souvienne, à cette période si vous me demandiez : « qu’est-ce que tu feras quand tu seras grand ? » je ne répondais rien, car j’avais l’intime conviction au fil des humiliations scolaires, que j’étais un « bon à rien« , un incapable. Au fil des années, les remarques acerbes des profs et la moquerie des autres enfants ne me touchaient même plus, j’étais devenu indifférent à tout. Je passais des journées entières à rêver en classe.

Pendant mon année de 5e, mes parents m’avaient inscrit à l’Alliance Française de l’île Maurice (puisque je me faisais éjecter de l’école publique). Là, j’ai rencontré un prof de français qui a provoqué un changement positif dans ce parcours catastrophique. Il avait un regard complètement différent sur moi, il nous racontait plein d’histoires passionnantes et amusantes sur l’histoire et la littérature. Surtout, il disait qu’il voyait en moi du potentiel, qu’il ne fallait pas que j’abandonne et que lui aussi avait eu des difficultés à l’école étant petit, que c’était pas une « fatalité ». Bref, en l’espace d’une année, j’avais repris confiance en moi, et je commençais à comprendre enfin certaines choses dans une salle de classe. Pendant les vacances scolaires, une tante institutrice m’aidait à reprendre les bases de l’apprentissage de la lecture. Plus j’y arrivais, plus j’avais confiance en moi. Enfin une spirale positive commençait à s’amorcer…

Par la suite, ce prof m’a offert des bouquins à lire quotidiennement, même si au début je déchiffrais syllabe après syllabe. Je m’y suis engagé tous les jours. L’histoire du Petit Prince (qu’il m’avait lui-même offert) commençait à me captiver au fil des jours. Cela m’a pris quatre mois pour lire entièrement ce petit livre !!

Vers l’âge de quatorze ans, je pouvais lire normalement et surtout j’avais repris confiance en moi. Je commençais à entendre les premières paroles positives des enseignants à mon égard. Mais surtout, j’ai développé un amour, une passion pour les livres et la lecture : mes premiers voyages ont été littéraires !!

Je suis sorti des ces années-là en me promettant de ne plus jamais baisser les bras face à des difficultés. Quand il y a deux ans, j’ai repris mes études pour une ré-orientation professionnelle, j’avais à suivre des cours de comptabilité, d’économie et d’algorithme. J’avais toutes les excuses possibles pour abandonner : j’ai un cursus littéraire, pas le temps de tout revoir etc…. mais je me suis souvenu de ma promesse, et sur une promo de onze personnes, j’ai fait parti des 5 qui ont été jusqu’au bout.

Aujourd’hui je cherche continuellement à apprendre de nouvelles choses, à m’améliorer. Je suis content de mon parcours, surtout quand je repense à ces années d’humiliation devant un tableau. Je suis très heureux de pouvoir me projeter encore aujourd’hui vers de nouveaux projets professionnels en me disant que demain sera meilleur.

Pour ceux qui auraient les mêmes difficultés, je pense qu’il faut avant tout lutter contre cette fatalité, cette certitude que rien ne changera et que l’on finira sans diplôme ou qualification. Souvent à nos yeux les difficultés ont l’air tellement énormes qu’on ne sait pas par quoi commencer, on se décourage, et on se laisse porter par le courant de l’échec. Mais j’aime bien le proverbe qui dit qu’un éléphant se mange bouchée après bouchée….de même il faut pas négliger les petits efforts quotidiens, qui au début semblent n’avoir aucune incidence sur nos problèmes, mais à la fin on accomplit de grandes choses.

Lélio.

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About author

Lydia Levant-Bol

Psy du Travail et Docteure en Psychologie Sociale, j'aide les gens à trouver ce pour quoi ils sont faits, et comment le faire, aussi bien de façon individuelle (identité professionnelle, développement du potentiel,…) que collective (entreprise, association,…).

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